Florence Auvergne-Abric rêve d’une Église des enfants

 

 

Elle est la « Madame Florence » des Théopopettes et offre ses innombrables talents au Service Catéchèse, Formation et Animation (SCFA de l’EPG, Église protestante de Genève). Portrait d’une femme généreuse, pour qui la spiritualité des enfants est un bien précieux, à faire rayonner et entendre au coeur de la cité.

 

 

Trouver tous les domaines dans lesquels « Madame Florence » excelle, c’est comme chercher un renseignement auprès de l’Administration. Tapez 1 : enseignement. Tapez 2 : philosophie pour les jeunes. Tapez 3 : théâtre. Tapez 4 : conteuse. Tapez 5 : mise en scène. Tapez 6 : écriture de scénarios. Tapez 7 : Théopopettes. Tapez 8 : « Godly Play ». Tapez 9 : Église pour les enfants.

Reprenons depuis le début. Florence Auvergne-Abric est née à Paris en 1958 dans une famille darbyste de cinq enfants, d’un père pneumologue et d’une mère kinésithérapeute. Mais c’est dans une église baptiste qu’elle a suivi son éducation religieuse. L’accident vasculaire dont a souffert son père l’a profondément marquée alors qu’elle était adolescente et a encore resserré les liens de cette « tribu » dont on dit qu’une ancêtre aurait été manouche. Parmi les souvenirs familiaux qui lui réchauffent encore le cœur, il y a ces dimanches de grandes retrouvailles où un de ses oncles lui demandait de lui raconter l’histoire de Dame Poussière (un simple minon qui volait dans les airs). C’est peut-être de lui qu’elle tient sa vocation de conteuse ?

Après deux ans de médecine, elle choisit de devenir institutrice et suit l’Ecole normale à Annecy. Ses études terminées, elle est engagée à l’Ecole active de Genève, puis à l’Ecole internationale où elle enseigne le théâtre et pratique la philosophie pour les enfants. Elle participe également à des camps artistiques et met en scène des comédies musicales à l’AJEG, (Animation Jeunesse de l’Eglise protestante de Genève) avant d’être appelée par le Service Enfance et Famille pour y apporter son appui pédagogique.

 

 

▲ Florence Auvergne-Abric / © Eric Roset

 
Théopopettes et « Godly Play »
Au temple de la Fusterie, elle aborde parallèlement les questions existentielles sur le mode philosophique pour aider les enfants de 4 à 9 ans à penser avec « Les parlottes des Théopopettes ». D’où son nom de « Madame Florence », personnage qu’elle incarne dans les saynètes qu’elle compose. Il ne s’agit pas d’un enseignement biblique ou d’un éveil à la foi, mais d’« un espace où la parole circule autour de thèmes fondamentaux (la mort, l’amitié, l’absence, la jalousie), qui trouvent un écho dans la Bible. » Bon nombre de ces saynètes, animées par des marionnettistes, sont d’ailleurs pensées pour être diffusées dans les milieux laïques, ces rendez-vous visant à rendre les enfants acteurs de leur pensée et responsables de leurs convictions.

Tapez 8 : « Godly Play ». Pour répondre à la demande dans le domaine de la catéchèse, elle s’est également formée à la méthode très «cadrée» du pasteur américain J.W. Berryman, dont l’objectif consiste à mettre à jour la relation entre Dieu et l’enfant en tenant compte du développement de la spiritualité de ce dernier.

Comme elle avait annoncé qu’elle pouvait être irritable quand elle était fatiguée, pour faire diversion, nous lui avons demandé quels étaient selon elle ses défauts et ses qualités. « Orgueilleuse », rétorque-t- elle sans hésitation, tout en précisant « qu’elle est fière et reconnaissante pour ce qu’elle a pu faire de sa vie ». Elle ajoute « qu’elle peut être une vraie tête de mule et qu’elle n’a aucun plan de carrière ». Il est vrai qu’elle va toujours son petit bonhomme de chemin, droite dans ses bottes, et qu’elle peut avoir sa « tronche ». Cela dit, elle est tout à la fois enthousiaste, dynamique, authentique, loyale, fidèle, a horreur des magouilles et est prête, comme elle le dit, à « tout laisser en plan pour voler au secours des autres ». Elle explique encore, avec cet humour décapant qui la caractérise, qu’elle a un côté « chèvre » qui lui vient de ses origines cévenoles ! Coquette, elle est pétillante comme ces bulles de champagne qui égayent les fêtes surprises qu’elle aime tant.

 
Comme à Vaanta…
Elle reprend le fil de l’interview en nous parlant de son récent séjour à Vaanta, en Finlande, où elle a visité l’Église pour les enfants dont elle avait déjà fait à plusieurs reprises des visites « virtuelles ». Il existe déjà depuis trente ans à Helsinki des Églises où tout prédispose les petits à s’ouvrir à la spiritualité et à se l’approprier. Et le rêve de « Madame Florence », c’est de renverser nos mentalités pour prendre réellement au sérieux les besoins des enfants. Ce qui revient à appliquer ce qui se développe depuis plusieurs années dans la lignée de la théologie de l’enfant. C’est d’ailleurs au temple de la Madeleine que l’équipe propose de créer l’Église des enfants, sur le modèle de ce qui se fait en Finlande.

Conclure ce portrait est mission impossible. Il faudrait qu’elle rédige ses Mémoires ! L’écriture ne lui fait pas peur puisqu’elle assure déjà une page philosophique dans Campus Junior édité par l’Université. Et comme elle organise déjà un Club de lecture appelé « Café suspect » – uniquement réservé à la gent féminine – il lui suffira d’intituler ses Mémoires: Les petits secrets de la vie palpitante de « Madame Florence » !

 

 
Marianne Wanstall-Sauty, pasteure.

Portrait | La VP novembre 2015 n°9 – p. 22

 

Célébrations au temple de la Madeleine

Les dimanches de la Madeleine, vous connaissez ? Non et c’est normal parce que c’est tout nouveau !
L’équipe Enfance (Centre-Ville, rive gauche) et le SCFA proposent une formule originale pour vivre une célébration PAR, POUR et AVEC les enfants.
OU : au temple de la Madeleine
QUAND : le dimanche de 15h à 17h
QUI : les enfants de 6 à 12 ans
QUOI : un après-midi en quatre temps : un récit biblique raconté aux enfants ; des ateliers autour de thèmes choisis; une célébration ; un goûter !

Dates à consulter dans l’Agenda.