Dossier VP : Fondateur, rédacteurs, chroniqueurs… Ils ont porté les valeurs de la Réforme

D’abord hebdomadaire, puis mensuelle, « La Vie protestante » a été une voix de la vie genevoise.

Page réalisée par Anne Cendre

Max Dominicé, membre fondateur
Parmi les fondateurs de La Vie protestante, la personnalité prépondérante est certainement Max Dominicé (1901-1975), qui était alors pasteur à Saint-Gervais. Théologien qui cumulait savoir et esprit d’entreprise, dignité et humour, il avait participé avec enthousiasme au jubilé Calvin ayant rassemblé les protestants de Genève et il avait senti la nécessité de poursuivre dans cette voie. L’hebdomadaire devait intéresser aussi bien les membres de l’Eglise que « l’homme de la rue », ainsi qu’il l’écrivait dans le numéro du 20e anniversaire.

S’il ne collaborait pas de près à la rédaction, il envoyait régulièrement des articles sur les projets variés qu’il lançait. On lui doit notamment la réfection de l’auditoire de Calvin, la révision de la Constitution de l’Eglise nationale, la rénovation de Saint-Gervais. Il fut  odérateur de la Compagnie des pasteurs (1948-1951) et secrétaire général de l’Eglise protestante (1959-1966).

Marie-Claire Lescaze,
rédactrice Cheville ouvrière de l’hebdomadaire de 1964 à 1989, Marie-Claire Lescaze est sans doute l’une des personnes qui a travaillé le plus longtemps à La Vie protestante.

Elle y serait restée sans des circonstances – elle démissionna par solidarité avec Freddy Klopfenstein, licencié – qui lui causent encore une peine non cicatrisée.

André Allemand
La Vp mensuelle a donné leur chance à de jeunes journalistes. André Allemand était le premier de la nouvelle série. Fils de pasteur, il était en Lettres et avait suivi l’atelier oecuménique de théologie.

Sous la direction de Daniel Barraud, qui encourageait le dynamisme, sans dirigisme, le magazine traitait les sujets de société en présentant une diversité d’opinions.

« Il nous laissait une marge de manoeuvre », raconte André Allemand, qui appréciait particulièrement les réunions de rédaction. « Il y avait une belle ambiance. Certains dossiers suscitaient parfois de vives réactions, mais ils permettaient de faire réfléchir.

» Ce fut une bonne école de journalisme, métier qu’il pratique désormais à la Tribune de Genève.

Serge Bimpage
L’Eglise protestante passait par une période de turbulences, de perte d’influence et de restructuration.

Pour se donner plus de visibilité, elle créa le poste de Responsable de la communication, qui fut attribué à Serge Bimpage, journaliste et écrivain. Sous son aile, La Vie protestante devint alors, dès 2007, plus proche de l’Eglise de Genève.

Auteur de plusieurs romans, dont Henry Dunant, j’ai rêvé le monde, il avait travaillé dans la presse romande, au Journal de Genève, à L’Hebdo, à la Tribune de Genève. Avec une jeune journaliste, Aline Bachofner, il donna une impulsion nouvelle à la publication, désormais plus ouverte sur la cité et la société, avec une maquette différente, davantage de couleur et de nouvelles rubriques, notamment culturelles.

Marianne Wanstall-Sauty, directrice Entre 2005 et 2007,
La Vie protestante a connu une période de transition. Marianne Wanstall-Sauty, vice-présidente du Groupement de La Vie protestante, dut prendre les choses en main, le président, la rédactrice et l’administratrice étant simultanément sur le départ. Ce groupement dirigeait le mensuel et Marianne Wanstall-Sauty en faisait partie depuis plusieurs années. Elle s’est appuyée sur un comité de rédaction efficace pour maintenir le cap. Issue d’une famille de pasteurs, traductrice et journaliste, ayant beaucoup voyagé, pendant ses études et après son mariage, elle était la garante d’une ouverture sur le monde. A Genève, elle était présidente de la Région Centre-Ville. Mais l’Eglise protestante souhaitait se doter d’un instrument de communication et c’est ainsi que le Groupement passa la main à l’EPG.

Marianne Wanstall-Sauty a cependant continué sa collaboration jusqu’à aujourd’hui.

Jean Brocher, chroniqueur La rubrique cinéma, puis télévision, a été tenue de 1938 à 1970 par Jean Brocher (1899-1979), une personnalité éminente du cinéma suisse. Autodidacte, il s’était intéressé au cinéma dès les années 1920 pour diffuser des  films dans les écoles et dans les salles populaires.

Le cinéma qu’il présentait et les nombreux films documentaires et de fiction qu’il réalisa avaient un rôle éducateur. Il fut membre de la commission de contrôle des films. Sa collaboration à La Vp est probablement la plus longue. Conservateur, il savait s’enthousiasmer, en vrai amateur, pour des films au contenu solide et porteur de sens.

Dans sa chronique de janvier 1951, Jean Brocher juge ainsi L’ingénue libertine : «  Mme Colette semble vraiment la prêtresse du paganisme contemporain » et ajoute que le film du moment est Dieu   besoin des hommes de Jean Delannoy, avec Pierre Fresnay.
Un magazine en constante évolution

Responsables de La Vie protestante hebdomadaire

1938 – 1940 Marc Chenevière
1940 – 1941 Alfred Werner
1941 – 1942 Alain Barde
1942 – 1944 Jean-Jacques Chouet
Mai 1944 Emile Marion (provisoire)

1945 – 1955 Henry Berthoud
1956 – 1974 Jean-Marc Chappuis
1974 – 1988 Freddy Klopfenstein
1989 – 1991 Marc Heyd
1991 Suspension de la publication de Vp Hebdo La Vie protestante devient mensuelle
1991 – 2005 Daniel Barraud (président du Groupement de la Vp)
2005 – 2007 Marianne Wanstall-Sauty (vice-présidente du Groupement)

Rédacteurs responsables

1992 – 1999 André Allemand
1999 – 2000 Carmen Burkhalter
2000 – 2002 Sandra Moro
2002 – 2005 Audrey Graeppi
2006 Tybalt Félix
2007 – 2010 Serge Bimpage (responsable de la publication ; l’Eglise devient propriétaire)
2010 – 2016 Alexandra Deruaz (responsable de la publication)
2007 – 2011 Aline Bachofner (rédactrice responsable)
2012 – 2016 Elise Perrier et Chantal Savioz (rédactrices responsables en alternance)

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