CONTRE : le point de vue de Otto Schäfer

 

 

Votation fédérale du 22 septembre 2013 sur la libéralisation des heures d’ouverture des shops des stations-service

 

 
Tout en admettant une marge d’appréciation sur ce référendum bien précis – qui ne concerne qu’une trentaine de shops, donc peu d’employés – Chargé des questions théologiques et éthiques à la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS), le pasteur Otto Schäfer est CONTRE :

 
Bien commun de la famille
Il existe une dimension spirituelle, de recueillement, qui dépasse la question de la fréquentation du culte pour les Eglises. Le dimanche est bien plus que cela : un moment où l’on vit autrement, un temps différencié, qui a une autre qualité. On est moins pressé, comme durant les vacances, plus disponible pour les relations familiales, amicales et sociales. Le dimanche de libre pour tous permet des activités communes tant sur le plan culturel que sportif.

 
Bien des chrétiens
Pour les chrétiens, ce rythme repose sur une tradition, la référence à la Création et à l’Exode. Ce temps nous ouvre à la transcendance, à quelque chose qui vient d’ailleurs. Le dimanche des chrétiens a absorbé la signification du sabbat juif, qui est un jour de repos dans le sens de communion avec Dieu libérateur. Cela explique l’importance de ne pas acheter ni consommer ce jour-là, ainsi que l’idée de gratuité.

 
Bien de l’âme
Il en va de notre âme : ce repos permet un retour à soi-même et à Dieu. Dans notre société, en raison des affaires courantes et des attentes des autres, il est difficile de prévoir des moments réguliers de repos. Or, on en a besoin : ils nous permettent de nous recentrer et d’être mieux armé lorsque des moments de repos s’imposent dans notre existence.

 
Bien de l’économie
Les Eglises ne se désintéressent pas des questions techniques (ndlr : notamment les difficultés de l’économie). Elles se demandent, néanmoins, si l’ouverture des magasins le dimanche permettrait réellement de dynamiser le commerce. C’est peu probable : le chiffre d’affaires global de la branche n’augmenterait pas ; ce ne sont que les rapports de concurrence qui seraient modifiés, au prix d’une disponibilité au travail pesant surtout sur les femmes, le familles et le lien social.

 

 
Anne Buloz

La VP juillet-août 2013 / n°6 – p. 13